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par Ana Klasnja, M.A., réalisatrice principale de projets multimédias
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| Lilyana Spasic-Gril Photo : GIBB Ltd (Angleterre) |
Lilyana est géotechnicienne et spécialiste des barrages. Elle vit en Angleterre. En 2000, elle est partie dans le sud du Tadjikistan avec une équipe internationale de scientifiques, comprenant entre autres un hydrologue, un géologue et un sismologue. Leur mission consistait à rassembler des informations sur le barrage d’Usoy, dans le massif du Pamir.
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| Le lac Sarez au Tadjikistan |
Dans l’une des régions du globe
les plus
menacées par les tremblements de terre…
Le barrage d’Usoy est un barrage naturel qui s’est formé en 1911, lorsqu’un tremblement de terre a déclenché un gigantesque éboulement. Plus de 2,5 km³ de rocs et de débris ont glissé dans le Mourgab en ensevelissant le village d’Usoy. En bloquant le fleuve, le barrage a formé le lac Sarez, un nouveau lac de 60 km de long et de 500 m de profondeur.
Étant donné que ce barrage se trouve dans l’une des régions du globe les plus menacées par les tremblements de terre, il pourrait se rompre en entraînant des inondations catastrophiques sur les rives de plusieurs fleuves : le Piandj, le Bartang et l’Amou-Daria. Plus de 5 millions de personnes risqueraient d’être affectées au Tadjikistan, en Afghanistan, en Ouzbékistan et au Turkménistan et les conséquences écologiques seraient tout aussi catastrophiques.
… le barrage pourrait se rompre.
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| Le campement de Lilyana dans le massif du Pamir |
Lilyana et toute l’équipe qui comprenait des ingénieurs de JacobsGIBB Ltd (Angleterre), de Stucky (Suisse) et du Bureau Technique Norbert (Suisse), ainsi que des ingénieurs locaux, devaient évaluer l’état du barrage et recommander des mesures de sécurité. Le barrage d’Usoy et le lac Sarez se trouvent à plus de 3 000 m d’altitude, dans l’une des régions les plus isolées du massif du Pamir. Le seul moyen d’y aller est en hélicoptère, pendant la très brève période de temps doux de l’année. Après avoir survolé les lieux, d’une extraordinaire beauté selon Lilyana, l’hélicoptère a déposé les scientifiques et tout leur équipement. Pendant deux semaines, ils se sont retrouvés totalement coupés du monde.
Comme Lilyana l’explique, «le lac est magnifique, mais c’est un endroit désert et hostile, fréquemment secoué par des séismes et des glissements de terrain. Il n’y a aucune végétation et aucuns animaux. Et avec l’altitude, on risque de souffrir du mal des montagnes.» Pour survivre, les membres de l’équipe s’en remettaient au cuisinier qui devait concocter des repas avec les maigres vivres qu’ils avaient pu apporter. Et pour inspecter la région, ils faisaient des ascensions à leurs risques et périls car personne n’aurait pu leur porter secours en cas d’accident.
L’équipe espérait éviter un désastre.
En explorant la région et en rassemblant toutes sortes de données, l’équipe espérait éviter un désastre. Jusqu’alors, on ne savait pour ainsi dire rien sur la situation précaire du barrage, en dehors du Tadjikistan. Depuis 2000, un projet international est en cours pour estimer les risques auxquels sont exposés les millions de personnes qui vivent en-dessous du barrage et du lac, et pour mettre au point des mesures à court terme pour réduire les risques. Des solutions à plus long terme sont également envisagées. Comme mesure préventive, il a entre autres été suggéré d’abaisser progressivement le niveau du lac.
Le travail de l’équipe forme à présent la base des recherches qui se poursuivent sur le barrage d’Usoy et le lac Sarez. C’était donc l’une des aventures à laquelle Lilyana a participé en tant que géotechnicienne.
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